RPA : comment identifier 10 processus à automatiser (avec calcul ROI)

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Dans le tumulte quotidien des entreprises, l’automatisation apparaît comme un véritable filet de sécurité pour nombre de responsables qui jonglent avec des tâches répétitives, chronophages et parfois décourageantes. Parmi les outils à disposition, la RPA, ou Robotic Process Automation, s’impose de plus en plus comme une méthode efficace pour déléguer le travail sans valeur ajoutée à des robots logiciels. Reste néanmoins un obstacle de taille : il ne suffit pas de vouloir automatiser pour obtenir des résultats concrets. Encore faut-il choisir les processus avec discernement. Comment cibler les 10 processus offrant le plus fort potentiel et calculer, étape par étape, le retour sur investissement de ces initiatives ? Parcourons ensemble les grandes phases à considérer pour se donner toutes les chances de réussir son projet RPA.

Comprendre le vrai besoin : Quelles tâches répétitives vous pèsent au quotidien ?

En amont de toute décision, il convient de questionner les routines de l’entreprise, parfois invisibles tant elles sont ancrées dans les usages. Interrogez-vous : quelle tâche génère le plus de frustration ou d’erreurs parmi vos équipes ? Ce sont ces actions informatiques, souvent sous-estimées, qui vampirisent le planning hebdomadaire. On pense spontanément à la saisie de données, à l’extraction de rapports, ou à la gestion de documents. Pour initier ce changement, le Lean Six Sigma pour PME vous aiguillera sur la démarche à suivre pour passer au crible chaque flux de travail et repérer les gaspillages à éliminer. Cet éclairage méthodique s’avère souvent salvateur pour ne rien laisser dans l’ombre.

RPA : Ce que fait un robot logiciel et ses limites

La RPA consiste à doter un système informatique d’un robot virtuel. Ce robot reproduit fidèlement la manière dont un salarié utiliserait des logiciels professionnels : ouvrir un courrier électronique, recopier une information d’un logiciel comptable vers un tableur, télécharger un justificatif, envoyer une notification, etc. Cette imitation du geste humain offre un avantage non négligeable : il n’est pas nécessaire de modifier en profondeur les logiciels déjà en place. Toutefois, il serait illusoire de s’attendre à ce qu’un robot prenne toute initiative. Il se limite aux opérations où toutes les règles sont connues à l’avance et suit ses instructions au pied de la lettre. Impossible pour lui de faire preuve d’intuition ou de gérer un imprévu : il faut donc garder cette réalité à l’esprit afin de rester lucide sur les possibilités, mais aussi sur les faiblesses de ce type de solution.

Dresser la carte de vos processus

Un projet d’automatisation bien structuré commence toujours par l’inventaire des principales opérations réalisées dans l’organisation. Mais attention à ne pas se disperser : on repère d’abord les grandes étapes, puis on affine progressivement. Ce recensement permet de comprendre qui fait quoi, quand et pourquoi. Pour éviter d’étouffer sous une montagne de détails, il est recommandé de limiter le niveau de précision au strict nécessaire pour distinguer les tâches qui semblent bonnes candidates pour une automatisation.

Où chercher vos processus candidats à l’automatisation ?

Les meilleurs espoirs d’efficacité se cachent souvent dans l’administration pure, la comptabilité, la gestion de commandes ou les ressources humaines. Par ailleurs, tout ce qui nécessite le traitement de données structurées à forte récurrence mérite l’attention. Certaines équipes ont réalisé, non sans surprise, qu’un simple processus de gestion de mails entrants leur prenait plusieurs heures par jour. Ces découvertes signalent des cibles pertinentes pour s’essayer à la RPA.

5 critères concrets pour repérer une tâche automatisable

Pour éviter de se perdre en conjectures, voici cinq repères fiables :

  • Un volume élevé : la tâche concerne plusieurs dizaines ou centaines d’occurrences par jour ou semaine.
  • Des étapes invariantes : chaque action suit un scénario défini à l’avance, sans exception.
  • L’utilisation exclusive ou majoritaire de données numériques.
  • Aucune nécessité de réfléchir ou d’arbitrer sur la base de retours flous.
  • Des erreurs fréquentes imputables à des distractions humaines ; la RPA peut dans ce cas transformer la qualité du rendu.

Affiner pour n’en garder que 10 : méthode de tri simple

Quand la liste initiale comporte trop d’options, une sélection s’impose. Appliquez une évaluation croisée : temps gagné estimé, fréquence, impact sur la satisfaction client, pression ressenti par l’équipe. À chaque critère, attribuez une note, puis faites la somme. Les dix plus gros scores constitueront alors la base de votre programme.

Prioriser avec efficacité

Établir des priorités claires n’est jamais une mince affaire, surtout si chacun perçoit la charge de travail différemment selon sa fonction. Animez des ateliers courts avec les principaux interlocuteurs sur le terrain. Transformez leur vécu en données : combien de minutes ou d’heures sont perdues chaque jour, quelle conséquence concrète pour le client ou les collègues ? Un conseil simple mais rarement mis en œuvre : faites le tour des bureaux, écoutez les conversations, notez les difficultés répétées. Très vite, des patterns vont émerger.

Construire un score “priorité RPA”

On recommande d’adopter une petite grille de scoring, par exemple : degré de répétitivité, part du temps de travail concernée, risques encourus, visibilité sur les coûts générés par les erreurs. Convertissez ces observations en points et classez les tâches candidates. Cela donne une vue objective qui facilite les discussions et limite les tensions entre départements.

Le calcul du ROI RPA

Automatiser coûte : logiciels, formation, maintenance, postes mobilisés pour piloter le projet. Pour que personne ne tombe de sa chaise en découvrant les chiffres, conduire une simulation détaillée s’avère indispensable. L’objectif n’est pas de générer une belle estimation sur le papier, mais de refléter la réalité terrain, poste par poste.

Étape 1 : Mesurer le coût actuel des processus ciblés

Prenez la loupe : additionnez le temps passé, le montant des salaires, le coût des erreurs ou de la non-qualité, les retards causés. Trop d’équipes oublient ce point, et sous-évaluent l’économie réalisable.

Étape 2 : Estimer les gains apportés par un robot

Prenons un exemple : pour un traitement de factures, imaginez rationaliser le flux et supprimer 90 % des tâches manuelles. Pour autant, ne cédez pas à la tentation de gonfler les gains ; gardez une marge d’erreur, car les imprévus, eux, surviennent presque toujours.

Étape 3 : Intégrer les coûts du projet RPA

Lorsque vous calculez les charges, pensez également aux dépenses indirectes : formation, support technique, possible adaptation du SI. Négliger ces éléments conduit fréquemment à des déceptions… vécues bien souvent par ceux qui se retrouvent en première ligne.

Mettre le tout dans une formule simple de ROI

À présent, appliquez la formule classique : (avantages totaux – coûts du projet)/coûts du projet. Cette approche basique rend possible la comparaison entre les différentes initiatives, afin de focaliser l’effort sur ce qui promet le meilleur résultat chiffré.

Vérification des processus prêts pour RPA

Les meilleurs plans peuvent échouer si la réalité du terrain n’est pas prise en compte. Testez chaque étape auprès des équipes concernées, IT comme métier, et ajustez là où la théorie résiste difficilement à la pratique. Un processus visuellement simple peut comporter des subtilités imprévues.

Alignement avec les équipes métier et IT

Le dialogue reste indispensable. Convaincre nécessite plus que des graphiques ou des discours. Parfois, il faudra présenter des démonstrations concrètes, organiser de brèves sessions de test, ou répondre à des objections inattendues sur la sécurité, l’intégration ou le maintien à jour des robots.

Points de vigilance : conformité et sécurité

Pensez toujours à vérifier que le scénario automatisé ne pose pas de problème règlementaire, ni n’expose pas des informations confidentielles à des risques non anticipés. Certains projets se sont déjà arrêtés net après découverte d’un point de non-conformité. Un audit préalable peut éviter de sérieux désagréments.

Les erreurs fréquentes d’implémentation RPA

Au fil des expérimentations, plusieurs faiblesses récurrentes sont ressorties :

  • Choisir un processus complexe sans disposer d’assez de recul, ou par empressement à montrer des résultats rapides.
  • Négliger la diversité réelle des dossiers à traiter, ce qui piège les robots dès les premières exceptions rencontrées.
  • Exclure les utilisateurs finaux du projet, avec, au bout du compte, des résistances, voire un abandon de la solution.

Voir trop grand, trop tôt

Imaginez-vous essayer d’automatiser un processus stratégique avec de multiples intervenants dès le départ… Très risqué. Les équipes qui visent large en premier subissent souvent des déconvenues et voient leur projet s’essouffler.

Sous-estimer la variabilité des cas réels

Une erreur rencontrée lors de nombreux déploiements : oublier que la vraie vie n’est jamais aussi simple que les cas de test. D’où l’importance de faire piloter le projet par des collaborateurs familiers du terrain.

Oublier les utilisateurs finaux dans la boucle

Cet écueil pèse lourd : les utilisateurs non associés à la phase de définition du besoin utilisent le robot à contrecœur, parfois jusqu’à le saboter – sciemment ou non. Dès le départ, sollicitez leur expérience pratico-pratique.

Stratégie d’automatisation : RPA, Lean et plus

Divers articles en parlent abondamment : la RPA convient uniquement aux processus stables et mûrs. Si une étape du flux nécessite d’être fondamentalement revue, un projet Lean ou une refonte globale sera souvent préférable. Il s’agit de se doter du bon outil selon la nature de l’obstacle.

Quand la RPA est adaptée

Gardons une ligne de conduite claire : la RPA vise des processus répétitifs, balisés, dont le scénario ne change pas tous les matins. Dans le cas contraire, automatisez seulement après consolidation des règles.

Feuille de route pour votre première vague de 10 automatisations

Préparer la transformation demande de l’anticipation, mais aussi de la souplesse. Voici comment procéder concrètement :

Passer de la liste à un premier pilote

Sélectionnez soigneusement votre premier cas d’usage : ni trop simple, ni trop complexe. Fixez des objectifs chiffrés et intégrez un retour d’expérience direct des utilisateurs. Ajustez ce qui peut l’être avant la montée en puissance.

Étendre ensuite à la liste complète

Tire parti de l’effet “première réussite” pour embarquer davantage d’équipes. Allez-y étape par étape, révisez selon les blocages remontés et adaptez vos techniques de pilotage.

Astuce pour suivre l’évolution de votre RPA

Une automatisation efficace se pilote aussi dans la durée. Quelques règles éprouvées :

Mettre en place un suivi des gains et des incidents

Rassemblez les chiffres clés chaque mois : nombre de tâches automatisées, alertes ou dysfonctionnements survenus, temps libéré. Cette discipline de suivi évite bien des retours en arrière.

Quand ajuster ou arrêter une automatisation

Dès que la charge de travail se déplace, lorsque d’autres objectifs priment, sachez mettre en pause ou transformer une automatisation initialement mise en place. Souplesse et réactivité permettront de conserver la dynamique sur le long terme.

Sources :

  • zendesk.com
  • blueprism.com
  • forbes.fr